Il y a quelques jours, j’ai eu le plaisir d’animer pendant trois jours une formation à la facilitation graphique dans un lieu particulièrement inspirant : La Remise, à Cavaillon.
Cette formation, organisée par l’association Visions Collectives, qui rassemble des passionnés d’intelligence collective, a été l’occasion d’explorer différentes façons d’utiliser le dessin pour enrichir les dynamiques de groupe.
C’était la troisième édition de cette formation chez Visions Collectives. Trois journées de découvertes, d’expérimentations, de dessins et d’échanges autour du dessin comme vecteur de l’intelligence collective.
Le dessin, un geste ancestral toujours innovant
Nous dessinons depuis des dizaines de milliers d’années. Bien avant l’apparition de l’écriture, les humains utilisaient déjà des images pour raconter, transmettre, partager leurs expériences.
Aujourd’hui, alors que nos échanges passent de plus en plus par les écrans, le dessin à la main conserve une étonnante capacité à stimuler notre créativité.
Dessiner nous invite à mobiliser d’autres façons de penser. Il nous encourage à associer des idées, à explorer des relations, à représenter l’invisible et à donner forme à des intuitions.
C’est aussi un moyen de sortir de nos habitudes. Lorsque nous dessinons, nous ne sommes plus uniquement dans une logique de raisonnement linéaire. Nous pouvons explorer plusieurs pistes simultanément, faire des associations inattendues et laisser émerger de nouvelles perspectives.
Le dessin est donc à la fois un geste ancestral et une pratique particulièrement actuelle pour accompagner la créativité et l’innovation.
Retrouver la confiance créative
L’un des premiers enjeux d’une formation à la facilitation graphique consiste à dépasser une idée très répandue : celle selon laquelle il faudrait savoir dessiner pour utiliser le dessin dans un context professionnel.
Or, il ne s’agit pas de devenir illustrateur ou artiste. Il s’agit avant tout de retrouver le plaisir de représenter des idées avec des formes simples, des symboles, des personnages et quelques traits.
Les activités ludiques de mise en confiance créative occupent une place importante dans cette démarche.

Faire émerger de nouvelles idées
Pendant ces trois journées, nous avons notamment expérimenté des activités de co-création à partir de grands formats dessinés à la main.
Ces supports deviennent des espaces d’expression et de construction collective. On y dépose des idées, on les relie, on les enrichit, on les transforme. Chacun peut contribuer à une représentation qui évolue progressivement grâce aux apports du groupe.
Ce qui est intéressant dans ces expériences, c’est que le dessin ne sert pas uniquement à illustrer une réflexion déjà construite. Il devient lui-même un support de réflexion.
En dessinant ensemble, les participants peuvent découvrir des liens qu’ils n’avaient pas identifiés, faire émerger des points de convergence ou, au contraire, rendre visibles des différences de perception.
Rendre visibles les idées du collectif
Un autre axe important de la formation concernait la capture graphique en temps réel.
La capture graphique consiste à représenter visuellement les idées et les échanges d’un groupe au fur et à mesure qu’ils se déroulent. Elle permet de transformer une conversation, souvent éphémère, en une représentation visuelle qui rend les idées plus visibles et accessibles.
En donnant une forme aux idées exprimées, elle contribue à leur mise en valeur.
Pour aller plus loin
Si vous souhaitez découvrir et expérimenter ces approches, j’animerai un prochain atelier de facilitation visuelle en présentiel à Paris le 28 janvier 2027.


